Interview d'Eva, étudiante à l'IEP d'Aix-en-Provence

Guid'Formation | 18.12.2012 à 09h52 Mis à jour le 19.11.2015 à 16h07

Peux-tu nous expliquer en détail quelles sont les matières que tu étudies à l’IEP ? Comment s’organise l’année, les élèves sont-ils encadrés ? Les professeurs sont-ils attentifs et proches de leurs étudiants ?

L’IEP est une école à vocation pluridisciplinaire, et à ce titre, ce sont de multiples matières qui caractérisent les 5 années d’études indispensables à l’obtention du diplôme de l’institut.

La première année répond parfaitement à cette exigence.

Ainsi, les cours se répartissent tout au long de l’année selon deux profils : les cours magistraux et les conférences de méthode (TD).

En ce qui concerne la première catégorie, les matières abordées restent générales : histoire de la France, introduction à la science politique, économie, introduction au droit, organisation politique de l’Etat (matière se rapprochant du droit constitutionnel), histoire des constitutions, informatique, vie politique sous la 5e République, analyse quantitative des données, géographie humaine.

Les conférences de méthode, quant à elles, visent notamment à compléter et à préciser les cours magistraux : économie, histoire, organisation politique de l’Etat, sciences politiques. Mais les cours de TD admettent également des cours obligatoires de langues vivantes (2 aux choix, 3 à partir de la rentrée 2013), et des cours de « culture générale ».

Il est à noter que le sport est une activité obligatoire à l’IEP (« activité du corps et de l’esprit » !) et que la participation aux associations étudiantes est valorisée (des associations étudiantes variées, du club politique à la Batucada (?), en passant par le club œnologie, l’association internationale…).

L’année à l’IEP s’organise donc autour de ces multiples matières : la première année est donc une année chargée, mais également riche en évènements divers (conférences, galas, critérium sportif…).

Au départ, on peut se sentir un peu perdu face à la charge de travail qui caractérise certaines semaines. Mais la plupart des professeurs reste à disposition des élèves et n’hésite pas à revenir en arrière en cas de non-compréhension d’un sujet. Cela est notamment le cas en TD : les classes sont constituées d’environ 20 élèves, le rapport parait de suite plus « humain » qu’en amphithéâtre !

 

Comment s’est déroulé le concours pour entrer à l’IEP ? Est-il difficile ? Comment t-y es tu préparée ?

J’ai passé le concours pour intégrer l’IEP en juillet 2011, après avoir été un an à l’université.

Le concours que j’ai passé était le concours commun de première année ; c'est-à-dire que 6 IEPs en France se rassemblent pour faire passer un même concours (Aix-en-Provence, Lyon, Rennes, Toulouse, Lille, Strasbourg).

Ce concours était constitué de trois épreuves, réparties sur une journée : - Une épreuve de langue (au choix) constituée d’une compréhension de texte et d’une rédaction ;

- Une épreuve d’histoire (dissertation) ;

- Une épreuve de culture générale (dissertation).

Les difficultés résident principalement, je pense, dans la gestion du temps (les épreuves durent moins longtemps que les épreuves de Bac par exemple), et dans l’épreuve de culture générale (matière trop peu abordée au lycée). D’où la nécessaire préparation pour maximiser ses chances de succès : l’année à la Fac m’a permis de travailler sur ces deux points principaux sans le stress d’une prépa.

De surcroit, il est à noter que les organisateurs du concours commun se portent en quelque sorte « garants » de notre réussite au concours puisqu’ils sortent chaque année des livres préparatoires, abordant l’épreuve de langue, ainsi que les thèmes de culture générale du concours.

 

Pourquoi t’es-tu lancée dans cette voie ? Quels conseils offrirais-tu à un lycéen/étudiant qui souhaite se lancer dans la même voie que toi ?

A l’origine, c’était le journalisme qui m’intéressait. De plus, n’étant absolument pas certaine de ce que je voulais faire plus tard, la voie « pluridisciplinaire » de l’IEP me semblait intéressante : pas de spécialisation hâtive…

Mais en réalité, chose que j’ignorais, dès la deuxième année, on nous demande de commencer à se spécialiser : se tourner vers les relations internationales, vers le secteur public, vers le privé, vers les métiers de l’information et de la communication… Evidemment, ce n’est pas une spécialisation définitive, mais cela nous permet de commencer à se tracer un projet : projet que l’on poursuit (ou non) en quatrième et cinquième année en choisissant des « sections ».

Cette voie m’a également plu au regard de l’année obligatoire à l’étranger (troisième année), que tous les étudiants doivent effectuer.

Enfin, je terminerai en disant qu’il ne faut pas avoir peur de la certaine dose de travail qui caractérise l’entrée à l’IEP : c’est faisable, et très constructif ! Au final, en plus d’en avoir un peu plus dans la tête, on apprend notamment à mieux parler (par les oraux, les exposés…) et à être à l’aise à l’oral, chose qui n’est pas toujours évidente !