Interview d'Élodie, d’un bac S à la littérature

Guid'Formation | 08.01.2015 à 17h13 Mis à jour le 19.11.2015 à 16h02
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Élodie, une étudiante en Lettres Modernes, n’est pas un cas rare des promotions scientifiques. Parfois choisie par dépit, ou par sécurité, nombreux sont ceux qui pensent qu’entrer en S veut dire renoncer à un avenir littéraire. Interview d’une étudiante en reconversion littéraire.

Quelle filière as-tu suivie au lycée ? Pour quelles raisons as-tu choisi cette voie plutôt qu’une autre ?
J’ai fait un Bac S, option physique-chimie en Terminale. J’ai choisi cette voie car je n’avais absolument aucune idée de ce que je voulais faire plus tard, et les matières scientifiques étaient celles où j’avais les meilleures notes. Mes parents étant ingénieurs, je savais qu’ils pourraient éventuellement m’aider dans cette voie.
 
 
- Vers quelles études t’es-tu dirigée après ton Bac ? Comment cela s’est-il passé ?
J’ai fait une année en école d’ingénieurs en prépa intégrée à l’Escom de Compiègne avant de me réorienter vers une licence de Lettres Modernes, car je me suis aperçue que la filière scientifique ne me passionnait pas du tout. Ce n’est qu’après avoir choisi le Bac S que j’ai commencé à beaucoup aimé lire, donc il était trop tard pour changer. Mais j’ai finalement préféré me réorienter dans le supérieur plutôt que de suivre un cursus que je trouvais ennuyant.
 
 
- Comment as-tu réagi lorsque tu as réalisé que ta première orientation n’était pas la bonne ?
J’ai assez bien réagi, j’étais même contente de m’en être rendue compte au début de mes études supérieures plutôt qu’en ayant mon diplôme d’ingénieur. J’étais surtout soulagée d’avoir enfin trouvé quelque chose qui me plaisait vraiment, puisque jusqu’ici je n’avais suivi la voix scientifique que par défaut. Mes parents, eux, ont moins bien réagi parce qu’ils ne pensaient pas possible d’être accepté dans des bonnes facs de Lettres en ayant passé un Bac S. Finalement, j’ai eu mon premier choix sur Admission Post-Bac (APB) et tout le monde était content.
 
 
- Tu es actuellement étudiante en Licence de Lettres Modernes, comment as-tu connu cette formation ? Sur quels critères l'as-tu choisie ?
Mes parents avaient acheté un catalogue de formations dans lequel étaient référencés tous les cursus en Lettres Modernes par établissements et régions. J’ai isolé celles qui avaient des options « écriture » – puisque c’est ce que je préfère – et des programmes surtout axés sur l’analyse des textes et pas sur les analyses du langage. Et puis ensuite j’ai regardé les popularités et taux de réussite des universités pour déterminer l’ordre dans lequel mettre mes formations favorites sur APB.
 
 
- Quelles sont les matières importantes que tu étudies ? Qu'est-ce qui t'intéresse tout particulièrement ?
Il n’y a pas beaucoup de « matières » en Lettres, c’est surtout les textes étudiés qui sont très nombreux. Dans les cursus littéraires, c’est important d’étudier toutes les époques et tous les courants littéraires puisque c’est en comparant les livres entre eux que l’on détermine les messages des auteurs. Donc toutes les matières sont importantes (Romantisme, Réalisme, Fantastique, Humanisme, Absurde, etc). Pour mes préférences, j’adore les courants Fantastique et Romantique, mais mon cours préféré est celui d’ « atelier d’écriture » où l’on doit rédiger des textes courts à partir de thèmes imposés.
 
 
- À quel(s) métier(s) te destines-tu avec ce cursus ?
J’adorerais devenir éditrice, avec une spécialisation dans la littérature « Young Adult » et « New Adult » - c’est-à-dire les livres fantastiques et réalistes que lisent surtout les 17 et 27 ans.
 
 
- Vas-tu poursuivre tes études après l’obtention de ton diplôme ? Pourquoi ?

Oui, je compte poursuivre mes études après l’obtention de ma licence. Lors de la L3, une spécialisation en « métiers du livre » est possible, elle me permettra d’intégrer ensuite un master Edition ou un master Métiers de l'écriture.

 
 
- Quels conseils offrirais-tu à un lycéen/étudiant qui souhaite se lancer dans la même voie que toi ?
De réfléchir dès de le début de la licence au métier qu’il/elle veut faire, car il aura le choix entre trois parcours dès la première année de licence : général, langues ou sciences du langage. Il ne faut donc pas se tromper puisque les programmes sont très différents, il faut prendre le temps d’étudier en détails le descriptif des cours.
Il faut également être très autonome car les licences n’ont pas d’encadrement personnalisé, pas de contrôle toutes les deux/trois semaines, pas de travail à la maison, donc aucun moyen de connaitre son niveau avant l’évaluation de mi-semestre. Ça peut être une adaptation compliquée quand on sort du lycée. 
 
 
- Et aux étudiants qui réalisent que leur formation ne leur convient pas, que leur dirais-tu ? Comment réagir en cas de réorientation ?
L’important c’est de se renseigner sur ce qu’on aime faire – on peut croire que nos centres d’intérêt ne sont regroupés dans aucune formation, mais en réalité les spécialisations ne surviennent qu’en deuxième ou troisième années de Licence/DUT/BTS. Il faut juste suivre un parcours général (dans mon cas, Lettres Modernes), avant de pourvoir s’orienter vers ce que l’on aime en particulier. 
 
Et il ne faut pas hésiter à changer de formation dès qu’on s’aperçoit que ce qu’on fait ne nous convient pas. Il vaut mieux perdre une ou deux années plutôt que cinq.