L’université : loin des préjugés, loin d’être chômeurs

Guid'Formation | 26.01.2015 à 15h54 Mis à jour le 27.01.2015 à 10h22
image

Une étude récente sur l’insertion professionnelle des diplômés 2011 de l’université a été mise en ligne sur le site du ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Réalisée entre décembre 2013 et avril 2014, cette étude porte sur les diplômés de DUT, de licence professionnelle et de master.

Globalement, et quoi que leurs détracteurs en disent, les universités françaises se portent bien. Ou plutôt, les étudiants diplômés s’en sortent bien. En effet, d’après l’étude du gouvernement, neuf étudiants sur dix trouvent un emploi dans les trente mois qui suivent l’obtention du diplôme universitaire.

Grâce à cette enquête, le ministère espère sûrement venir à bout sur les préjugés qui pèsent lourd dans les choix des lycéens. En effet, au moment du choix sur le site Admission Post Bac, les universités sont souvent vues comme les choix de sécurité, parfois même les voies de garage au cas où leurs autres plans capoteraient. Et bien, sachez mesdames et messieurs que les DUT, les licences et les masters ne sont pas des formations sans débouchés et sans jobs à la clé. Majoritairement en temps plein, les emplois trouvés sont stables à plus de 75 % et d’un bon niveau, puisque 87 % des étudiants de master sont cadres.

La secrétait d’État à l’Enseignement supérieur et à la Recherche, Geneviève Fioraso, ajoute que « un jeune diplômé a 4,5 fois plus de chance qu’un autre jeune de trouver un emploi. Toutes les actions engagées par le gouvernement visent cet objectif prioritaire d’emploi, en proposant aux jeunes des parcours de réussite, personnalisés, pour les aider à trouver leur voie, à s’insérer. Les résultats de cette enquête montrent que l’université, qui accueille 63 % des étudiants, est un tremplin vers l’emploi. »

Les taux sont élevés mais des différences subsistent : si les masters sont embauchés à 90 %, le taux s’élèvent à 92 % pour les licences professionnelles et 89 % pour les DUT. Bien sûr, le taux de l’emploi dans les grandes écoles s’élève à 93 % dans les 12 à 18 mois après l’obtention du diplôme mais on note que, contrairement à la légende urbaine, les universitaires ne sont pas des chômeurs en puissance.


Deux bémols :

À diplôme égal, emploi égal ? Non. Toutes les filières ne recensent pas les mêmes taux de réussite à la sortie des études. Si par exemple la filière « Mathématiques appliquées et sciences sociales » est de 98 % en master, seuls 72 % de ceux de la filière « archéologie, préhistoire et ethnologie se sont vu embaucher.

Les universitaires parisiens sont en tête du peloton avec un salaire médian annuel brut de 39 700 € pour Paris II – Panthéon-Assas (droit et économie) ; 32 900 € pour Paris IV – Sorbonne en sciences humaines et sociales, et 29 500 € pour Paris 7 – Diderot. Mais les universités de provinces savent aussi tirer leur épingle du jeu, en sciences et technologie c’est l’université de Mulhouse qui se démarque avec 36 900 € brut. En moyenne, ce sont les diplômés en sciences, technologies et en santé qui s’en sortent avec les plus forts salaires (30 656 € en moyenne, toutes universités confondues contre 25 800 € pour les littéraires). 


À niveau d’étude égal, salaire égal ? Non. L’étude tend à prouver que les salaires des étudiants des universités restent clairement en dessous des salaires des étudiants de grandes écoles.

Les étudiants des plus hauts niveaux (master par exemple) ne gagnent pas la même chose : pour un master, les étudiants peuvent aspirer à 1 910 € net contre plus de 2500 € net pour les étudiants de grandes écoles. Cependant, il est bon de noter que dans l’équation ne rentre pas les frais de scolarités, qui très peu onéreux en université, peuvent représenter plus de 10 000 € dans certaines écoles, un investissement qui peut aussi entrer en compte dans les choix des études supérieures.