Les stages professionnels

Guid'Formation | 10.04.2014 à 07h11 Mis à jour le 20.11.2014 à 17h06
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En février dernier, une reforme de loi concernant les stages a été approuvée par l’Assemblée Nationale. Encore en attente de validation par le Sénat, cette reforme tendra à protéger les stagiaires des abus que les entreprises peuvent perpétrer à leur encontre mais aussi à garantir l’intérêt formateur de cette période de découverte pratique du monde du travail. L’occasion pour Educ’Actu de revenir sur ce moment clef de professionnalisation et d’exposer ce qui va changer pour les futurs stagiaires.

Les stages en trois questions

Les stages sont des mises en situation professionnelle durant lesquelles les étudiants ou lycéens acquièrent et exercent des compétences pratiques par l’application des connaissances acquises lors de leur formation.

Ainsi, contrairement aux contrats de travail classiques, la signature d’une convention de stage, obligatoire, ne se fait pas entre le seul employé et l’entreprise, mais entre trois entités : la personne en cours d’études, l’entreprise d’accueil et l’établissement de formation.

Là où le futur stagiaire s’engage à s’investir professionnellement dans les tâches qui lui seront confiées, l’employeur se doit aussi de respecter la fonction pédagogique de cette période. Les missions attribuées devront donc répondre à l’exigence du projet pédagogique de la formation effectuée, d’où l’importance du droit de regard de l’établissement d’enseignement. De plus, un tuteur doit être désigné et doit accompagner le stagiaire tout au long de sa présence dans l’entreprise.

 

Pourquoi ?

Comptant tout autant que les formations effectuées, l’expérience professionnelle est une donnée clef du CV pour les recruteurs, même face à de jeunes diplômés. Se constituer un bagage professionnel avant même la fin des études est donc très important. Un projet professionnel valide ne saurait être abouti sans cette(ces) nécessaire(s) première(s) insertion(s) dans le monde du travail.

Par ailleurs, les stages permettent aussi à ceux qui les réalisent de découvrir la réalité d’un métier et donc d’orienter un parcours de formation en fonction des expériences vécues. Les individus changeant ou ajustant leur orientation après un stage qui ne les auraient pas satisfaits ne sont pas rares… Ainsi, plus les stages sont réalisés tôt dans le parcours d’enseignement, moins les mauvaises surprises sont à prévoir.

Enfin, il arrive qu’un stage, notamment ceux de fin d’études, conduise à l’embauche effective dès, et parfois avant même, l’obtention du diplôme. L’entreprise peut en effet voir dans le stagiaire sortant un futur employé dont il aura déjà pu juger de la qualité et qui saura être aussitôt opérationnel, ce dernier étant déjà au fait du fonctionnement interne de celle-ci.

 

Pour qui ?

Toute personne inscrite dans un établissement de formation, que ce soit un établissement secondaire ou supérieur, peut prétendre à un stage, sans limite d’âge particulière. Attention cependant, sans convention de stage signée par les trois parties, il est impossible de réaliser le moindre stage. Il est donc nécessaire de justifier l’intérêt pédagogique du stage que vous aurez choisi face à votre établissement d’enseignement, en portant une attention à l’adéquation entre celui-ci et votre projet professionnel.

 

Quand ?

Si de nombreuses formations, notamment les licences professionnelles, BTS et autres cursus d’écoles privées, intègrent dans leur maquette une période de stage obligatoire et clairement prévue dans l’emploi du temps, ce n’est majoritairement pas le cas des licences universitaires classiques. Réaliser un stage suite à une initiative personnelle est tout à fait possible mais cela ne devra en aucun cas empiéter sur le déroulement de la formation en elle-même. Ainsi, l’été peut être une excellente occasion pour réaliser un stage d’initiative personnelle, notamment pour les lycéens.

Qu’est-ce qui change en 2014 ?

Votée en février 2014, cette réforme devrait entrer en vigueur en novembre 2014 et être précisée dans ses détails.

 

La gratification

Si les stages ont un idéal pédagogique, force est de constater que certaines entreprises peu scrupuleuses voient parfois en ces jeunes en formation une main d’œuvre bon marché. En effet, n’ayant pas le statut de salariés, les stagiaires ne disposent pas d’une rémunération mais d’une gratification. Cette gratification est à la libre détermination de l’entreprise d’accueil qui se doit malgré tout de respecter un minimum de 436,05 euros pour un stage à temps plein (35 heures) dès lors que leur stage dure plus de deux mois, consécutifs ou non.

Si suite à la réforme de février 2014, le montant minimum de la gratification n’a pas été changé, l’accès aux tickets restaurants ou au restaurant d’entreprise ainsi que la prise en charge partielle des frais de transport sont désormais obligatoires.

 

La durée du stage

La durée du(des) stage(s) effectué(s) par un stagiaire dans une seule et même entreprise ne pourra plus excéder six mois par année d’enseignement. De plus, le temps de présence du stagiaire ne pourra pas être plus important que celui des employés.

 

L’effectif des stagiaires

Voulant privilégier l’intérêt pédagogique du stage, la réforme prévoit un nombre de stagiaires limité en fonction de la taille de l’entreprise, pour en éviter l’embauche abusive pour des raisons financières.

De même, un tuteur ne pourra prendre en charge qu’un nombre limité de stagiaires, encore à déterminé par décret. Ainsi, un véritable encadrement par un professionnel salarié et disponible est promu.

 

Un contrôle accru de la part de l’inspection du travail

Afin de faire respecter tous les droits des stagiaires, et notamment éviter les emplois déguisés en stages, une multiplication des contrôles est prévue. Les sanctions envers les entreprises ne respectant pas ces droits seront elles aussi ultérieurement déterminées par décret.