Les MOOCs à l’orée de l’enseignement 2.0

Guid'Formation | 29.01.2014 à 09h40 Mis à jour le 29.01.2014 à 09h40
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La démocratisation d’Internet a conduit à un accès au savoir mondial d’une simplicité pratique sans pareille. De même, les savoirs universitaires n’ont pu se soustraire à cette numérisation comme en atteste la création et le succès grandissant des MOOCs. Fonctionnement et particularités de cette nouvelle manière d’apprendre de manière connectée.

Qu’est-ce que c’est ?

Les MOOCs (Massive Open Online Courses que l’on peut traduire en français par Cours en Ligne Ouverts et Massifs), sont des cours interactifs, où les abonnés peuvent retrouver des vidéos, textes et exercices via Internet. Les enseignants enregistrent leurs cours sous un format vidéo puis les publient sur une plateforme où tout un appareil pédagogique vient soutenir l’enseignement. Nous venant tout droit des Etats-Unis où le concept a déjà fait de nombreux émules et permet à de nombreux étudiants d’obtenir de véritables diplômes, les cours en ligne se caractérisent par leur gratuité et leur totale accessibilité, sans regard par rapport au niveau de formation des participants.

Le directeur du Centre de recherche interdisciplinaire et titulaire d'une chaire UNESCO en Sciences de l'apprendre, François Taddei, nous explique en quoi ces cours numériques innovent radicalement par rapport à son homologue en établissement : « Un prof qui fait cours devant des étudiants, c'est vieux comme le monde. Ce qui est révolutionnaire avec les Moocs, c'est le nombre de personnes qui y participent ».

En effet, force est de constater à quel large public s’adressent ces cours. La première année, les MOOCs ont totalisé bien plus d’inscriptions que Facebook, ce qui démontre à quel point le concept séduit et a de l’avenir. Mais il s’agira de savoir si ce n’est pas un effet de mode qui s’essoufflera et si la certification successive à l’accomplissement complet d’un MOOC aura un véritable poids sur le marché du travail.

Pour qui ?

A l’origine, les MOOCs, incarnant la démocratisation de l’accès au savoir universitaire, étaient adressés aux personnes hors du système de l’enseignement supérieur qui voulaient, par intérêt professionnel ou par pure curiosité personnelle, s’essayer à de nouvelles disciplines, ou encore à des futurs étudiants qui souhaitent avant d’intégrer l’université, commencer à se construire des bases dans leur domaine.

Avec le temps, de véritables certifications reconnues ont été mises en place, accordant ainsi aux MOOCs une légitimité toute relative dans l’enseignement supérieur. Les étudiants ont pu intégrer dans leur cursus universitaire cette nouvelle composante. Mais il apparaît que le taux de réussite de ces formations reste encore faible : selon une étude publiée par la Graduate School of Education de l'Université Penn aux États-Unis, seuls 4 % des abonnés sur Coursera (la plus importante plateforme américaine de cours universitaires en ligne) sont allés au bout du cursus. Suivre les programmes à son rythme, semaine par semaine, à partir de chez soi, est le principe de base de ces cours numériques. Prudence est de mise donc ; une forte autonomie et une importante rigueur personnelle sont nécessaires pour quiconque veut se lancer dans l’aventure.

L’accès facilité au contenu se paie par un très fort taux d’abandon mais aussi par un accès socialement marqué : ce campus planétaire est avant tout un campus numérique qui suppose la possession du matériel informatique et d’une connexion internet.

Qu’est-ce que cela implique ?

Comme nous l’avons déjà souligné, il n’y a encore aucune certitude quant à la légitimité des certificats délivrés par l’aboutissement et la validation d’une de ces formations. Comment savoir si la personne derrière son ordinateur suit bien de lui-même ces cours et opère les activités proposées seul ?

Des discussions sont actuellement en cours pour trouver des solutions et il est fort à parier que dans le futur, les MOOCs pourront avoir en France un véritable poids dans la validation d’acquis comme c’est déjà le cas aux Etats-Unis. Nous pouvons déjà citer le MOOC de l’école centrale de Lille ABC Gestion de projet  qui peut délivrer trois types de certificat en cas de réussite, un certificat basique, avancé ou par équipe. Ce Mooc, qui regroupait 3 500 inscrits à ses débuts, affiche des taux de réussite de 50 à 78 %. L’école propose aussi par ailleurs un examen surveillé, lui payant, qui donnera lieu à l’obtention d’authentiques crédits ECTS.

L’actualité des MOOCs français

En France, les MOOCs ont récemment pris de l’ampleur avec de nombreuses initiatives de la part du Ministère de l’Enseignement supérieur. Avec plus de 100 000 personnes déjà inscrites, la plateforme française FUN (France Université Numérique) offre déjà 25 cours et 17 autres devraient venir dans les semaines qui arrivent.

Un investissement gouvernemental

Lancée le 18 janvier dernier, la plateforme FUN peut jouir d’un soutien gouvernemental certain. Après avoir déjà alloué 12 millions d’euro pour aider à la création de nouveaux MOOCs, la ministre de l’Enseignement supérieur, Geneviève Fiorase, a annoncé une rallonge de 8 nouveaux millions. Ainsi, elle souhaite, d’une part, que les universités et autres établissements d’enseignement supérieur disposent d’un socle technique solide suffisant pour la création des vidéos. D’autre part, le but avoué est de transformer ces « cours de masse » en de véritables formations continues et reconnues des professionnels, par la mise en place, notamment, d’un système de validation des acquis efficace.

Un large éventail de discipline

L’essentiel des MOOCs américains se concentrent sur les sciences technologiques mais la plateforme française FUN affirme sa volonté à offrir à ses abonnés un large éventail de disciplines avec 8 domaines d’étude : Environnement ; Juridique ; Management ; Numérique, technologie ; Relations internationales ; Santé ; Sciences ; Sciences humaines et sociales.

Des établissements de renom s’investissent

De nombreux établissements, de leur initiative, proposaient déjà des MOOCs  sur leur propre site Internet (3 % des universités françaises avaient déjà mis en place une politique de mise en ligne) mais la volonté de centraliser ces données sur une seule plateforme organisée se fait entendre avec beaucoup de force.

Courant 2014, une trentaine de nouveaux cours devraient ainsi être publiés sur la plateforme FUN. Selon les informations données par le Ministère, HEC, l’ENS Cachan, l’ENS Lyon, l’Ecole des Mines d’Alès, le groupe INSA, Grenoble INP, l’université Joseph Fourier de Grenoble, l’université Toulouse 2 Le Mirail, l’université de Lorraine, l’université de Strasbourg, Paris 1 Panthéon-Sorbonne et l’université Paris Sud sont autant d’universités et de grandes écoles qui rejoindront le projet FUN.

N’hésitez donc pas à visiter la plateforme FUN mais aussi les différents sites des établissements qui vous intéressent pour observer toute la variété de MOOCs français disponibles.